Cliquez ici pour revenir au menu

Curierul National

Les enfants aux cheveux blonds frisés et aux yeux bleus représentent l’idéal des roumains qui veulent agrandir leur famille

13/06/2003

Les roumains qui adoptent des enfants ont donc beaucoup de prétentions quand ils choisissent le futur membre de leur famille. La tendance générale chez les roumains qui ne peuvent avoir d’enfant et font appel à l’adoption est de transformer le choix du futur enfant en un véritable shopping.

L’expérience de près de dix années des spécialistes du domaine de la protection de l’enfant à Bacau montre que le profil de l’enfant idéal, que tous les roumains adopteraient, est celui qui a des cheveux blonds et frisés, des yeux bleus, âgé de quelques mois ou au pire de moins d’un an, en parfaite santé et qui ne sait rien du sort de ses parents.

Les adoptions ont connu une ampleur plus importante dans les années après la Révolution.

Avec tout ça, le nombre d’enfants partis dans des familles à l’étranger a été bien plus important que le nombre de ceux qui sont restés dans le pays. Et ceci parce que, à la différence des familles roumaines, les étrangers ont beaucoup moins de prétention pour leurs futurs enfants.

« L’interdiction des adoptions internationales a supprimé toute chance pour les enfants plus grands, ou qui ont différentes formes de handicap, ou qui proviennent de familles ayant un passé pas trop glorieux. Nous avons dans le centre des enfants de trois ou quatre ans qui n’ont plus beaucoup de chance d’arriver un jour dans une famille, parce qu’en Roumanie, tout le monde les considère comme trop grands. A l’époque où il y avait des adoptions internationales, ces enfants avaient toutes les chances d’être intégrés dans une famille », a déclaré Gabriela Radley, la directrice du Complexe « La Clairière des Fleurs » à Hemeiusi, dans le département de Bacau, une institution non-gouvernementale qui prend soin d’enfants délaissés par leur famille.

Les parents adoptifs regardent trop les séries tv

Bien que cela soit difficile à croire, l’influence des dizaines de telenovelas diffusées ces dernières années en Roumanie a joué fortement sur les roumains qui veulent adopter des enfants. Parce que presque toutes les histoires ont comme personnages principaux des jeunes délaissés par leurs parents qui, arrivés à l’âge adulte, retrouvent leurs parents naturels et laissent tomber ceux qui les ont élevés, les roumains sont devenus assez réticents.

« Le cas d’Alexia, une petite fille qui a été abandonnée et sur les parents de laquelle on ne savait rien, a été une preuve claire pour nous que les petits dont les parents ne sont pas connus sont acceptés bien plus facilement par les familles. J’ai reçu de très nombreux appels téléphoniques dans lesquels les gens s’intéressaient à la petite fille et voulaient l’adopter.

Malheureusement, ceux qui adoptent des enfants craignent que, plus tard, quand ils grandissent, ceux-ci ne soient tentés de charcher leurs vrais parents et qu’ils les oublient, eux » dit Marilena Mocanu, chef du Service de Prévention à la Direction Générale pour la Protection de l’Enfant de Bacau. Même si le terme est très fort, le mot qui caractérise le mieux la procédure d’adoption, autant à Bacau qu’en Roumanie en général, est celui de shopping.

Les dossiers des enfants qui sont disponibles à l’adoption sont étudiés de A à Z par les familles et, au cas où elles constatent qu’un grand-père ou un autre parent a des problèmes de santé ou a été alcoolique, les familles se réorientent vers d’autres enfants. Même si la procédure l’interdit, nombreuses sont les voix qui soutiennent que les familles qui adoptent des enfants des centres de placement tentent de donner des sommes d’argent considérables pour avoir la possibilité de choisir les enfants, avant de les prendre à la maison.

Comme toujours, les enfants aux frisettes blondes et aux yeux bleus sont préférés aux petits bruns. « Bon an, mal an, presque toutes les familles roumaines préfèrent les garçons, qui porteront le nom plus loin.

Ces dernières années, pourtant, cette habitude a changé et les roumains choississent aussi les petites filles à nombre égal, à condition qu’elles soient très jeunes », dit encore Marilena Mocanu.

Le fait que les roumains aient de grandes prétentions influence les statistiques locales en matière d’adoption : l’année passée, 47 dossiers d’adoption ont été finalisés et seulement 19 enfants ont trouvé une famille. Quand les adoptions internationales étaient permises, chaque année, au moins 200 enfants abandonnés étaient intégrés dans des familles étrangères.

OVIDIU PAULIUC

Cliquez ici pour revenir au menu