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Evenimentul Zilei


Les enfants, une marchandise recherchée à l’export

Dan Tapalaga
Jeudi 24 avril 2003

Durant les deux dernières années, 400 adoptions internationales ont été menées à leur terme en Roumanie, alors même qu’elles ont été bloquées en 2001, sur la pression de l’Union Européenne. L’UE avait condamné à cette époque la corruption dans le système roumain des adoptions, qui a conduit à un véritable commerce d’enfants.

Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, 400 enfants ont été confiés, malgré toutes les interdictions imposées par l’UE, aux soins de familles américaines, israéliennes ou d’autres pays où les demandes d’adoption sont nombreuses. La question est : pourquoi y a –t-il eu des adoptions internationales ces deux dernières années pendant que le gouvernement imposait un soi-disant moratoire bloquant les adoptions ?

Le Ministre Serban Mihailescu soutient que chaque dossier en question a du recevoir l’aval de l’exécutif. En plus, les ONG, ajoute le ministre, ont été exclues en tant qu’intermédiaires. Dans ces 400 cas, il serait question de familles qui auraient commencé les procédures d’adoption avant le moratoire ou de cas soi-disant « spéciaux ».

« Si 3500 adoptions internationales ont été réalisées en 2000, après la mise en place du moratoire, leur nombre est tombé de manière sensible puisque seuls ont été approuvés les dossiers en cours de procédure » a expliqué Mihailescu.

Il a aussi dit que les adoptions internationales reprendront vers la fin de l’année, si l’ensemble législatif concernant la protection de l’enfant est approuvé en temps utile au Parlement, et si l’exécutif finalise aussi la stratégie d’application de ces lois.

L’ensemble de lois va être envoyé au parlement par une procédure d’urgence, après la date du 6 mai, quand un nouveau débat public au sujet de ces projets de loi aura eu lieu.

Des adoptions avec la permission du gouvernement

La nouveauté de l’ensemble de lois en ce qui concerne la protection de l’enfant est que les adoptions internationales se feront exclusivement par l’intermédiaire de l’Office Roumain pour les Adoptions, un organisme qui se trouvera subordonné à l’exécutif. Les Fondations seront éliminées du processus d’adoption. Selon le projet de loi, une taxe unique pour l’adoption sera instituée et fixée par décision gouvernementale.

Les donations et autres types de contributions offertes par les adoptants seront explicitement interdites, avec menace de peine de prison. Cependant, en l’absence d’organisation indépendante pour superviser l’activité du futur Office Roumain pour les Adoptions, personne ne pourra garantir que le nouveau système fonctionnera correctement.

Le risque est que les pots de vin, accordés jusqu’à maintenant aux fondations qui étaient intermédiaires d’adoption, ne soient désormais « centralisés » au sein du futur office gouvernemental.

La Commission Européenne exprime des réserves

Le chef de la Délégation de la Commission Européenne à Bucarest, Jonathan Scheele, a déclaré que le nouvel ensemble législatif concernant la protection de l’enfant n’est pas suffisant.

« Nous devons nous assurer que la nouvelle loi, quand elle entrera en vigueur, sera bien appliquée » a dit l’officiel européen, qui a recommandé au gouvernement d’élaborer une stratégie dans ce sens.

Sinon, les réserves de l’Union Européenne concernant la reprise des adoptions internationales sont déjà de notoriété publique. Récemment, Jonathan Scheele a déclaré que la Roumanie n’est pas encore prête à lever le moratoire sur les adoptions. D’un autre côté, le gouvernement de Nastase subit les pressions des Etats-Unis, intéressés par une reprise rapide des adoptions.

Récemment, deux sénateurs américains ont fait une visite à Bucarest précisément pour convaincre les autorités roumaines de lever le moratoire. Ces pressions ont une explication simple. La majorité des demandes d’adoption vient de la part de familles américaines, et parmi ces 400 adoptions approuvées ces deux dernières années, la plupart étaient à destination des Etats-Unis.

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