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CURENTUL - 30/09/2002

Dans la question des adoptions internationales Le Gouvernement vire vers l’Europe

Le moratoire concernant les adoptions internationales va être prolongé. Le Premier Ministre Adrian Nastase a choisi de passer le ballon sur le terrain de l’Union Européenne pour ne pas être mêlé à nouveau à un scandale dans lequel la Roumanie se trouve au milieu de la controverse sur différents thèmes entre les Etats-Unis et l’Europe. Ainsi il a remis à Romano Prodi le paquet législatif concernant la protection de l’enfant, ayant comme excuse, face aux groupes de pression américains, le fait que le Gouvernement attend une réponse à propos de ce document de la part des instances européennes.

Il semble que le délai de réponse va être très prolongé, si on tient compte des déclarations du rapporteur spécial pour la Roumanie, la Baronne Emma Nicholson, qui, d’une part, a eu une réaction véhémente à l’adresse des Etats-Unis contre les pressions sur cette question qu’ils exercent sur la Roumanie, et d’autre part, a expliqué que l’élaboration d’un tel projet est une question complexe qui nécessite beaucoup de temps. Parce qu’au final, elle a reconnu le fait qu’elle désirait que la Roumanie perpétue ce moratoire.

Des cadeaux pour Bruxelles

Adrian Nastase a annoncé hier, sur une scène neutre, le symposium des nouvelles valeurs des sociétés, organisé par Radio Romania, qu’il ne donnera son feu vert au paquet de lois concernant la protection de l’enfant qu’après avoir reçu l’accord de l’Union Européenne. « Nous attendons l’avis très clairement exprimé de l’Union Européenne avant de transmettre les lois au Parlement », a expliqué Nastase, précisant que, dans cette valise législative, se trouve aussi le texte concernant les adoptions.

Le Premier Ministre a aussi chanté de cette même voix hier avec Emma Nicholson, décidant de ne pas ouvrir les adoptions internationales d’enfants roumains, en dépit des pressions outre-atlantiques. « Il a existé une idée selon laquelle le problème des adoptions internationales était lié aux noms de sénateurs américains qui demandaient cette ouverture en représentant les intérêts de leurs électeurs.

Maintenant, la balle est sur le terrain de l’Union Européenne (…). Nous sommes entrés dans une zone de partenariat sans ambiguïté », a assuré Adrian Nastase. Ainsi, le moratoire qui interdit les adoptions internationales dans le cas d’enfants roumains va être prolongé, a-t-il décidé hier.

Le Premier Ministre s’est déclaré révolté par le fait que les adoptions à l’étranger ont favorisé la corruption, transformant les enfants en une « marchandise vendue par Internet ».

Il a annoncé qu’il ne donnerait pas son feu vert aux adoptions internationales tant qu’il n’existera pas sur le marché de réglementations responsables pour empêcher ce business avec les enfants roumains.

Emma Nicholson: « Dites juste non ! »

La Baronne Emma Nicholson s’est attaqué hier au grand jour au problème des adoptions internationales après la réunion du Groupe de Haut Niveau concernant la situation des enfants de Roumanie.

Nicholson n’a pas hésité à critiquer les Etats-Unis pour les pressions qu’ils ont exercées sur le Gouvernement roumain et elle a fait une série de recommandations fermes au Cabinet Nastase.

« Il faut purement et simplement leur dire non ! Ces groupes de pression sont des ignares. Il faut leur répondre que, alors qu’ils n’ont pas besoin d’obéir aux lois européennes, la Roumanie, elle, a cette obligation. Elle doit respecter la Convention Européenne des Droits de l’Enfant, et eux n’ont qu’à respecter nos lois et nos coutumes parce que nous sommes européens… Comme tous les pays de l’Ouest, ils ont aussi des enfants en difficulté, nous leur recommandons de préoccuper de leurs propres enfants, parce que nous nous préoccupons des nôtres »

a dit la Baronne, tentant d’apprendre au gouvernement ce qu’il doit répondre aux sénateurs américains qui font pression pour la levée du moratoire.

La Baronne voudrait perpétuer le moratoire

D’autre part, Emma Nicholson a laissé la sensation que l’Union européenne est le bon élève et les Etats-Unis le mauvais. Elle soutient que les pressions sont venues de la part des Etats-Unis, alors que l’Union Européenne n’a fait aucune sorte de pression.

D’autre part encore, le rapporteur spécial pour la Roumanie a reconnu que, à son avis, ce moratoire devrait être perpétué pour la Roumanie.

« Les lois sont dans une phase initiale, elles ne sont pas encore finalisées. Le Gouvernement américain a fait pression sur le Gouvernement roumain. Cette pression est une erreur, c’est comme si on mettait l’oméga avant l’alpha. (…) Ceux qui font pression, je le répète, sont des ignares. A mon avis, les enfants roumains n’ont pas besoin de l’adoption internationale. Je ne fais pas de commentaires pour les autres pays. Nous, en Europe, n’avons pas besoin de ces mesures extrêmes, alors la Roumanie n’en a pas besoin » a conclu Emma Nicholson.

Catalin Dumitru

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