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Reuters - 25/09/02

Par Radu Marinas

BUCAREST, 25 Sept - La Roumanie devrait étendre le moratoire sur les adoptions internationales jusqu'à ce qu'elle mette en place un meilleur système de protection de l'enfance et soit capable de le contrôler, a dit mercredi un officiel de la Commission Européenne.

La Roumanie a annoncé en juin dernier un moratoire sur les adoptions internationales jusqu'en octobre 2002 après que l'Union Européenne a dénoncé la pratique de trafic d'enfant et poussé Bucarest à nettoyer un processus corrompu, si la Roumanie veut rejoindre l'UE.

Mais des familles américaines et d'autres pays occidentaux qui avaient déjà choisi des enfants dans des orphelinats sordides ont exercé des pressions sur la Roumanie pour lever l'interdiction, arguant le fait qu'ils avaient lié des liens avec les bambins qui auraient ensuite une vie meilleure dans leurs pays riches.

L'interdiction, quand elle a été imposée, a en effet laissé environ 3500 familles étrangères au milieu de la procédure d'adoption.

"L'UE, la Commission, ont une position claire : le moratoire devrait être maintenu jusqu'à ce que la nouvelle législation (de la protection de l'enfance) soit mise en place avec la capacité administrative adéquate pour la mettre en œuvre" a dit Jonathan Scheele, chef de la délégation de la CE en Roumanie à Reuters lors d'un entretien téléphonique.

"Cela ne va être clairement pas le cas en octobre."

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Eperonné à l'action par un rapport accablant de l'UE, Bucarest s'est engagé l'année dernière à changer un système qui a envoyé 50000 bébés à l'étranger, vers le plus offrant, pour des frais allant jusqu'à 50000$, depuis l'éviction du dictateur staliniste Nicolae Ceausescu en 1989.

L'interdiction du planning familial par Ceausescu avait rempli les orphelinats d'enfants non désirés dont la détresse est parvenue à l'attention générale après la chute du communisme.

Depuis lors, les autorités de Roumanie, un des pays européens les plus pauvres, ont tenté de réduire le nombre d'enfants dans les orphelinats, mais ceux-ci en hébergent encore environ 48000 actuellement.

Le gouvernement a dit que la nouvelle législation pour réorganiser le système de protection serait prête cet automne et encouragerait l'accueil national.

Mais l'annonce a été suivie par des articles dans les médias qui disaient que la Roumanie pourrait céder à la pression et lever l'interdiction après avoir réalisé qu'elle pouvait mettre en danger ses chances de rejoindre l'OTAN, parce que des familles américaines ont convaincu des sénateurs de voter contre l'entrée du pays.

Le Premier Ministre Adrian Nastase a déclaré récemment que le moratoire serait étendu pour éviter que les enfants roumains ne "redeviennent une marchandise".

La nouvelle législation supportée par l'UE rendra hors la loi les annonces par Internet, les frais et commissions en relation avec l'adoption et imposera une période obligatoire de résidence de 18 mois pour les parents adoptifs, ainsi qu'un sévère contrôle post-adoption.

Scheele a dit que le gouvernement a demandé son avis à la Commission à propos du projet de loi.

"Nous procédons actuellement à une analyse très attentive de ce qui est un ensemble très complexe... et nous faisons aussi vite que possible" a ajouté Scheele.

L'officiel de l'UE ne veut pas spéculer sur la durée de la nouvelle extension du moratoire.

Il a dit que l'UE, qui a aidé la Roumanie à fermer 34 des 500 orphelinats d'état et à mettre les enfants dans des familles d'accueil, continuerait à fournir son support financier.

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