Cliquez ici pour revenir au menu

Romania Libera Dobrogea - 03/09/02

Les Roumains ne sont pas interessés par l’adoption d’enfants malades ou retardés

Le problème des abandons d’enfants en Roumanie est grave, il est la suite directe de l’état bien connu de misère et de manque d’éducation d’une certaine partie de la population qui se débarrasse des enfants, d’où la dénomination peu enviable dont on nous a affublé : « pays d’handicapés ».

Et ceci parce que la plupart des enfants abandonnés sont malades, considérés malheureusement comme impossibles à élever par leurs propres parents.

Et comme le roumain est inventif, il est venu à l’esprit de certains de tirer aussi du profit de la souffrance des autres. Les affaires souterraines sont bien connues, dans lesquelle sont impliquées des agences non-gouvernementales-fantômes qui ont gagné des millions de dollars avec le trafic d’humains vivants.

Des enfants innocents sont passés en l’espace d’une nuit du statut de citoyens roumains à celui de mendiants à Paris ou bien des donneurs d’organes pour la transplantation de qui sait quels enfants de l’Ouest.

Mais, parce que tout dans ce monde a une fin, des hommes de cœur se sont emparés du problème et ils sont venus nous enseigner comment sauver nos enfants.

Et, non par hasard, une des clauses d’adhésion de notre pays à L’Union Européenne a été la réglementation des adoptions, en particulier les internationales, et l’amélioration de la vie des enfants abandonnés, et à cette occasion, on a interdit le passage des enfants d’institution au-delà des frontières jusqu’à ce qu’on établisse des règles claires pour la reglémentation des demandes d’adoption.

Ema Thompson a été désignée par l’Union Européenne comme étant habilitée à contrôler l’activité de tous les instituts qui s’occupent du domaine de la protection de l’enfant.

Au niveau local, la situation nous a été présentée par la directrice Eugenia Munteanu, qui nous a informés que dans les centres de placement, au nombre de 16, se trouvent 1500 enfants.

Parmi ceux-ci, seulement 100 ont été demandés en adoption par des familles roumaines, qui par contre ne se bousculent pas pour prendre soin d’un des 200 enfants ayant des problèmes de santé ou des retards psychiques légers.

Il est important de noter que ce retard intellectuel commence à s’installer très peu de temps après l’abandon de l’enfant, une fois qu’il est placé.

Pratiquement, il est question d’un trouble lié au manque d’amour du milieu familial dont le mineur est séparé. Pour cette raison, il faudrait que ceux qui désirent vraiment adopter un enfant réfléchissent au fait que les petits ne sont pas coupables du fait que la vie n’a pas été particulièrement généreuse avec eux.

A propos de ces maladies, pour ainsi dire « professionnelles », Eugenia Munteanu affirme qu’elles peuvent être guéries, mais que nous les roumains ne sommes pas encore prêts, nous ne disposons pas des spécialistes dont nous avons besoin pour la récupération des enfants.

A la place, intervient ici la nécessité de l’adoption internationale, puisqu’il existe des désirs parmi les citoyens étrangers. Ceux-ci ont une bonne éducation en ce qui concerne les handicaps et ils disposent des conditions matérielles et médicales pour leur traitement.

Pour cette raison l’apparition d’une loi qui réglemente les adoptions de ce type serait nécessaire. Et une autre nécessité, et pas des moindres, serait que les roumains aient plus de compréhension envers ces gamins malheureux et qu’ils les aident à grandir dans leur pays, sans avoir honte d’eux.

Parmi les dossiers heureux de ce point de vue, mais avec une fin horrible, on compte aussi le cas d’Ilinca, une petite fille abandonnée à Baneasa en 1989.

Elle a été adoptée par une famille d’intellectuels, même si elle était d’origine à moitié rom et souffrait d’un important retard.

Quelques années après l’adoption, on a découvert que la petite était atteinte du SIDA. Malgré tout ça, la famille ne l’a pas pas abandonnée, l’aidant jusqu’au dernier moment, quand elle décèda à l’âge de 13 ans.

Même si sa vie a été courte, ils l’ont considérée comme leur enfant, l’ont aimée et l’ont soignée. Ils ne font pas de ceci un titre de gloire, et ils ont désiré plutôt rester anonymes.

Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de tels exemples, et pour d’autres fillettes, la fin est encore très triste, sans amour, sans un parent…

Lacramioara Ciolacu

Cliquez ici pour revenir au menu