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Au service du lecteur - Mercredi 19 juin 2002

Gabriela Palade
Eryka Lang

Un job toujours plus recherché, “maman professionnelle”

Apparue chez nous depuis quelques années seulement, la profession de “maman professionnelle” commence à gagner du terrain. De plus en plus de femmes, ayant dépassé la prime jeunesse, se retrouvant sans travail ou bien n’ayant jamais travaillé, mais voulant toucher une retraite choisissent d’élever et d’éduquer les “enfants de personne“ en échange d’un salaire modique.

Bien qu’à première vue, ce poste semble être à la portée de tout le monde, ce n’est pas n’importe qui qui réussir à dévenir la maman d’enfants qui, souvent, ont des problèmes de santé, des troubles du comportement ou encore proviennent de familles désorganisées.

Pour un salaire plus faible que leur budget, ils sont toujours plus nombreux, ceux qui assument la responsabilité de la croissance d’un enfant, alors que c’est un “service” qui vous sollicite 24 heures sur 24 et qui ne peut être exercé qu’après avoir suivi des cours spécifiques et obtenu une attestation d’assistant(e) maternel(le) professionnel(le).

L’année dernière, le nombre de “mamans avec diplôme” a doublé, et 8000 enfants orphelins ont trouvé une famille. A côté de l’Autorité Nationale pour la Protection de l’Enfant et l’Adoption (ANPCA), il existe aussi des organisations non-gouvernementales qui sélectionnent des mamans ou des familles pour les enfants en institution dont elles prennent soin.

Comme une des conditions nécessaires pour se trouver un bon travail est d’avoir moins de 35 ans, un physique agréable et des études supérieures, il est facile de comprendre pourquoi toujours plus de femmes ayant gentiment dépassé leurs années de prime jeunesse, se sont orientées vers un nouveau métier : celui de “maman professionnelle”.

Mais on n’accepte pas n’importe qui, il existe une série de conditions à remplir. Pour obtenir l’attestation d’assistant maternel professionnel, le candidat doit être en bonne santé (il doit aussi présenter tous les ans son carnet de santé), avoir un comportement adéquat et ensuite avoir un logement où on peut assurer à l’enfant accueilli en placement des conditions de vie décentes.

Ne peuvent pas faire acte de candidature à ce ”poste” ceux qui ont été condamnés pour une infraction à sentence définitive, les personnes déchues de leurs droits parentaux ou qui souffrent de maladies chroniques transmissibles.

Ceux qui ont déjà un carnet de travail n’ont pas de chance puisque, au moment où ils deviennent assistants maternels professionnels, ils doivent renoncer à leur ancien poste.

La sélection est faite par l’ANPCA ou, dans le cas des organismes non-gouvernementaux, par des représentants ce ceux-ci.

Les obligations des “parents professionnels”

Les premiers “obstacles” passés, les candidats doivent suivre un cours, ensuite on leur fournit leur carnet de travail et on leur confie un poste effectif. A partir de là commencent les obligations qui ne sont pas des moindres : les nouveaux parents doivent assurer des conditions de vie décentes aux enfants, les aider à s’intégrer dans la famille autant que dans la société et garder confidentielles les informations reçues concernant les enfants. Mais, encore en plus, au cas où les parents naturels voudraient les reprendre pour les élever ou s’il apparaît que des personnes désirent les adopter, les parents professionnels sont obligés de préparer les petits pour cela. De même, ils doivent permettre aux spécialistes des institutions qui leur ont confié les enfants d’évaluer la situation des gamins et d’informer avec précision ces institutions au cas où des changements dans la vie personnelle des “parents professionnels pourraient avoir une influence sur leur activité. En une seule année, le nombre des assistants maternels a doublé Dans un rapport présenté récemment au gouvernement par l’Autorité Nationale pour la Protection de l’Enfant et l’Adoption, on voit que le nombre d’assistants maternels professionnels recrutés, évalués et préparés pour les services publics départementaux est passé de 3228 au premier janvier 2001 à 6473 à la fin du mois de février 2002, pendant la même période le nombre d’enfants placés aux soins de familles “d’emprunt“ a crû de 30572 à 38615.

Le village des mères sociales

En dehors des institutions d’état, il existe aussi des organisations non-gouvernementales qui s’attèlent à la tâche de rechercher des mères pour les enfants abandonnés par leurs parents.

L’une d’entre elles est SOS-Villages d’Enfants Roumanie (SOS - Satele Copiilor Romania), qui recrute et scolarise des jeunes qui deviendront des mamans sociales, leur assure le logement, les engage et les paie.

L’organisation sélectionne, une fois tous les 2 ans, des candidats pour “l’Ecole des Mamans SOS”, la formation de préparation à la profession de maman sociale.

Celle-ci s’adresse à des femmes entre 28 et 38 ans, avec un niveau d’étude secondaire ou universitaire, sans obligation familiale (non mariée, divorcée, veuve, sans enfant), en bonne santé physique et psychologique.

Dans les villages SOS, les futures mères sociales sont scolarisées et après avoir passé un test, elles peuvent être engagées dans le cadre de l’organisation. Elle leur assure un logement, la nourriture et une retribution égale au SMIC, c’est à dire 1700000 lei.

“En 10 ans, depuis que l’organisation fonctionne chez nous, plus de 40 femmes sont devenues mères sociales. Elles habitent de façon permanente dans le village SOS, dans une maison qui appartient à l’organisation, une maison qu’elles doivent diriger et entretenir.

On leur confie six ou sept enfants”, dit Angela Dogaru, la coordinatrice de ces activités pour l’organisation.

De nouvelles familles pour des enfants séropositifs

On pourrait croire que les parents professionnels acceptent seulement des enfants-modèles mais il existe aussi des familles qui assument de grandes responsabilités : elles prennent soin d’enfants contaminés par le virus HIV, par l’intermédiaire du programme lancé par l’organisation Holt Romania.

Le programme, unique chez nous, met la vie d’un enfant malade entre les mains des familles recrutées par l’organisation. Il leur assure un salaire, la fourniture des médicaments nécéssaires et une assistance spécialisée continue pendant toute la durée de la vie de l’enfant.

Si, dans les autres cas, la condition de base est que l’assistant n’aille pas travailler ailleurs, il faut cette fois-ci qu’un des parents bénéficie d’une source propre de revenus.

“Les familles concernées doivent donner des preuves de leurs capacités émotionnelles.

Après avoir suivi une série de cours, et dans ce cas cours médicaux aussi, elles seront évaluées et recevront ensuite l’attestation d’assistant maternel professionnel”, déclare Livia Trif, présidente de Holt Romania.

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