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Evenimentul Zilei

La Roumanie ne rentrera pas dans l’OTAN si elle ne reprend pas « l’exportation » d’enfants

Isabella Alexandrescu
Lucian Purcareanu
Teodora Georgescu

Lundi 08 Avril 2002

Le “Financial Times” souligne comment les américains nous soumettent à un étrange troc.

La prestigieuse publication “Financial Times” continue avec une série d’articles consécutifs dédiés aux problèmes des enfants en insitution en Roumanie et aux conséquences qu’ils pourraient avoir sur les chances d’intégration de notre pays dans l’OTAN et l’Union Européenne.

Après que le “Financial Times”, dans un article de la fin de l’année passée, a annoncé que la Roumanie risquait de voir suspendues les négociations pour son adhésion à l’Union Européenne à cause de la situation non résolue des enfants orphelins, ce journal arbore, dans un article récent, un changement radical de ton, faisant l’éloge des autorités de Bucarest qui seraient devenues un exemple irréprochable pour l’Europe en ce qui concerne la protection des mineurs.

Mais quelques jours après cette présentation élogieuse, dans les éditions de vendredi et samedi, le journal revient à un ton critique en faisant référence au problème des enfants en institution, prévenant d’un danger qu’il ne faut pas ignorer : la Roumanie risque de ne pas entrer dans l’OTAN si elle ne lève pas l’interdiction sur les adoptions internationales.

Des demandes contradictoires de la part de l’Ouest

Dans la situation présente, le Premier Ministre Nastase se trouve entre le marteau et l’enclume.

Après la pression de l’Union Européenne en juin l’année passée, le gouvernement a introduit un moratoire sur les adoptions internationales ; il est maintenant soumis à de nouvelles pressions, cette fois de la part des américains, pour mettre fin au moratoire.

Pour répondre à l’insistance de nombreux groupes d’adoptants aux Etats-Unis, le vice-président Dick Cheney a abordé ce problème dans le cadre de l’entrevue qu’il a eue en novembre l’année passée avec le Premier Ministre Nastase, qui « a exprimé sa disponibilité pour reconsidérer » le moratoire, comme l’affirme un directeur de l’Agence d’adoptions internationales “Holt International”.

Les amateurs d’enfants n’ont pas la patience d’attendre que Bucarest finalise la législation des adoptions

Le Congrès américain pourrait faire obstacle à l’entrée de la Roumanie dans l’OTAN si elle continue à appliquer l’interdiction sur les adoptions internationales, préviennent les diplomates américains cités par le “Financial Times”.

Selon un document à usage interne, que le journal a réussi à consulter, les représentants des Etats-Unis à Bruxelles ont averti la Commission Européenne que les membres du Congrès américain pourraient remettre en question la candidature de la Roumanie à l’OTAN si Bucarest ne permet pas la reprise des adoptions.

Dans une note de la mission des USA à Bruxelles, envoyée à la Commission Européenne, il est spécifié qu’il y a de nombreuses familles qui veulent adopter des enfants de Roumanie et qui font du lobbying dans ce sens auprès de l’administration de Washington :

“Une réforme complète du système de protection de l’enfant peut durer des années. Il ne serait pas juste que, pendant ce temps, des enfants aptes à être adoptés souffrent.

La poursuite du moratoire pourrait de même créer des problème au Congrès quand il commencera les débats concernant la candidature de la Roumanie à l’adhésion à l’OTAN”.

Un lobby critique à l’adresse de la Roumanie

Le fait de conditionner l’adhésion de la Roumanie à la levée du moratoire sur les adoptions internationales a été le sujet des entrevues la dernière fois entre le gouvernement de Bucarest et les diplomates américains étant en poste en Roumanie.

Ces diplomates, qui disent que les politiciens américains sont soumis à des pressions de la part des citoyens américains qui veulent adopter des enfants en Roumanie, affirment en particulier en même temps, pour calmer les esprits, que ce lobbying ne constitue pas une menace.

Les parents américains qui ont adopté des enfants de Roumanie ont formé de véritables groupes de pression, dont le plus important est la Coalition Parlementaire pour les Adoptions, groupe bipartisan de sénateurs et de membres de la Chambre des Députés.

Beaucoup de ses membres, comme le Sénateur John McCain, ont adopté eux-mêmes des enfants à l’étranger.

Israël aussi voudrait des enfants

Les israéliens qui voulaient adopter des enfants roumains ont aussi connu la déception. En dépit de la situation de crise sans précédent entre Israël et les palestiniens, le ministre israélien des Affaires Etrangères, Shimon Peres, a tenu à discuter, dans le cadre des entrevues de novembre avec Adrian Nastase, du problème du grand nombre d’israéliens qui veulent adopter des enfants de Roumanie et qui sont mécontents de ne pouvoir le faire. (Isabella Alexandrescu)

Serban Mihailescu: “le Gouvernement va maintenir le moratoire, mais avec des exceptions”

Le Secretaire Général du Gouvernement, Serban Mihailescu, nous a déclaré que la Roumanie a l’intention de maintenir le moratoire” concernant les adoptions internationales, mais que “une série de cas spéciaux qui ont été surpris par la suspension des adoptions lors du parcours légal d’obtention de l’approbation vont être analysés au cas par cas en vue de leur résolution”.

Serban Mihailescu a affirmé que le programme du gouvernement en ce qui concerne le moratoire a été distribué à tous les organismes intéressés et qu’on attend leurs observations.

Il a précisé que le problème des adoptions internationales a fait aussi l’objet d’une récente visite à Bucarest du rapporteur du Parlement Européen, Emma Nicholson, et que la situation se stabilisera après le 16 avril, quand aura lieu la rencontre du Conseil Nord-Atlantique et de la Roumanie, pendant laquelle le gouvernement présentera sa stratégie en ce qui concerne les adoptions.

“Il nous faut aussi prêter une grande attention aux demandes qui viennent de la part de personnes ayant une grande influence dans la vie politique”, a declaré le ministre Mihailescu.(Lucian Purcareanu)

Un plaidoyer pour la Roumanie et la Bulgarie dans le “Washington Post”

Le quotidien américain “Washington Post” présente, dans son édition de dimanche, le fait que la Roumanie et la Bulgarie “peuvent apporter des contributions substantielles” si elles entrent à l’OTAN.

D’après ce qui est dit dans l’éditorial du quotidien, l’administration Bush et les alliés les plus importants de l’OTAN “semblent opter pour l’admission à l’OTAN de sept états”, parmi lesquels se trouvent la Roumanie et la Bulgarie, un “relatif consensus” existant dans ce sens.

“Il apparaît qu’au sommet de l’OTAN de novembre, un grand nombre d’états d’Europe Centrale et de l’Est vont entrer dans l’Alliance”, est-il dit dans l’éditorial. Bien que se pose encore la question rhétorique de savoir si, d’une manière ou d’une autre, par l’élargissement, l’Alliance ne va pas devenir trop grande et donc plus fragile”, l’éditorialiste du “Washington Post” apprécie le fait que “l’extension est importante autant pour les USA que pour l’Europe”.

“En ce qui concerne Washington, l’extension de l’OTAN signifie que les USA devront défendre des pays se trouvant dans des zones éloignées traditionnellement sous influence américaine en Europe, des pays commes la Roumanie ou la Bulgarie, situés au bord de la Mer Noire, la Slovenie ou les états baltes, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie”, estime le “Washington Post”.

Un autre problème analysé dans l ‘éditorial est celui lié à la conservation par les Etats-Unis de la position de leader. “C’est justement en supportant l’extension de l’OTAN à ces états que l’administration Bush s’assurerait que l’intégration à l’Europe après la Guerre Froide se fasse sur une mode en relation avec les valeurs américaines et que perdure le rôle de leader des américains”.

Les américains considèrent que “le bénéfice réel de l’extension de l’OTAN” est de fait “le remodelage du développement économique et politique des états européens où la démocratie et l’économie de marché ne sont pas encore complètement instaurées”.

Dans cet éditorial, il est de plus dit que “il n’existe aucune garantie que les réformes vont avoir lieu ni que les états se choisiront des chefs appropriés même s’ils entrent à l’OTAN.

Mais l’adhésion à l’OTAN augmentera les chances que l’Europe Centrale et de l’Est devienne, pour la première fois dans l’histoire, une région dans laquelle existent des gouvernements stables et pro-occidentaux. Une extension complète et avec de bons résultats sera sans doute un gain majeur”. (Teodora Georgescu).

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