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Financial Times - 08 04 2002

Les USA préviennent la Commission Européenne

Le moratoire sur les adoptions internationales menace la candidature de la Roumanie à l’OTAN La mesure, introduite l’année passée, a déclenché les protestations de beaucoup de politiciens américains

Les représentants des USA à Bruxelles ont averti la Comission Européenne que, au cas où la reprise des adoptions internationales en Roumanie ne serait pas permise, la communauté pourrait déclencher des objections au Congrès américain en ce qui concerne l’adhésion de notre pays à l’OTAN.

L’avertissement est, selon le Financial Times, inclus dans une note adressée à la Commission par la mission des Etats Unis à Bruxelles, qui fait référence au fait que les efforts de nombreuses familles américaines qui désirent adopter des enfants de Roumanie ont été bloqués par les mesures prises par l’UE dans ce sens.

La corruption et le rythme ralenti des réformes sont les raisons les plus souvent avancées pour justifier les menaces à l’adresse des plans de la Roumanie pour adhérer à l’Alliance Nord-Atlantique.

Actuellement, écrit le quotidien en question, s’ajoutent à celles-ci un problème « inhabituel », la possibilité pour les familles américaines d’adopter des enfants roumains.

Les Problèmes au Congrès

Selon le Financial Times, des diplomates d’outre-atlantique ont prévenu que les sénateurs et les députés de Washington pourraient mettre en danger les efforts d’intégration de la Roumanie si ce pays maintient son interdiction concernant les adoptions internationales, un moratoire introduit l’année passé sur la pression de l’Union Européenne, selon lequel cette pratique peut être considérée comme un trafic de chair humaine.

La mesure a déclenché les protestations des politiciens américains, en raison du nombre important de cas qui étaient en cours de procédure au moment de la suspension des adoptions.

Dans la note en question, on peut lire que « le maintien du moratoire peut créer des problèmes au Congrès des USA, quand celui-ci commencera les débats en ce qui concerne la candidature de la Roumanie à l’OTAN ».

Même si, précise le journal, les sources diplomatiques américaines affirment de manière non officielle que cette question ne représente pas une menace majeure contre les efforts de la Roumanie, mais seulement le résultat de pressions exercées auprès de divers sénateurs par des familles désireuses d’adopter des enfants roumains.

Un court historique

Avant l’introduction du moratoire, continue le Financial Times, „la Roumanie, avec sa réserve d’enfants blancs, devenait une destination populaire pour les occidentaux désireux d’adopter des enfants.

De telles adoptions coûtaient jusqu’à 50000 dollars, une fortune vis-à-vis de la situation désastreuse de l’économie roumaine“.

Après l’introduction du moratoire, le Gouvernement roumain a été soumis à des pressions remarquables sur ce thème de la part de leaders internationaux.

Au plus fort de la guerre en Afghanistan, le Secrétaire d’Etat Colin Powell a soulevé le problème au début des discussions qu’il a eues à Bucarest avec Adrian Nastase.

Le mécontentement des israéliens amateurs d’adoptions a été transmis au Premier Ministre de Bucarest et à Shimon Peres, en novembre l’année passée, en plein milieu d’une des périodes les plus sanglantes des violences au Moyen Orient.

Aux USA, la Coalition du Congrès pour les Adoptions, un groupe de sénateurs influents, parmi lesquels John McCain, a fait entendre sa voix en même temps que des agences d’adoption, comme Holt International, ont fait pression sur le vice-président Dick Cheney afin qu’il discute du problème, toujours en novembre, avec le Premier Ministre Nastase, récapitule le Financial Times.

Costin Ionescu

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