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Bucarest Matin N° 1330 - 23/25 novembre 2001

Lancement - Campagne nationale pour la prévention de l'abandon des enfants Dans les bras des parents et non dans ceux de l'Etat

L'Autorité nationale pour la protection de l'enfant et l'adoption (ANPCA) a lancé hier la campagne d'information pour la prévention de l'abandon et la prise en charge des enfants par l'Etat.

Les fonds nécessaires au financement du projet, soit 2,6 millions d'euros, sont accordés par l'Union européenne par l'intermédiaire du programme Phare.

Ruxandra Radoslavescu
Bucarest Matin

Pendant dix mois, c'est-à-dire jusqu'en août 2002, les Roumains seront soumis à une véritable "pression" médiatique, sur toutes les chaînes de télévision, dans la presse écrite, à la radio et sur les panneaux d'affichage, destinée à convaincre que la place d'un enfant est chez soi, aux côtés de ses parents et non pas dans la rue ou dans les institutions de l'Etat.

"L'abandon des enfants, le plus lourd héritage du régime Ceausescu", comme le déclarait Jonathan Scheele, chef de la Délégation européenne, est synonyme à présent à 85 000 enfants pris en charge par l'Etat.

La campagne lancée hier s'adresse d'abord aux mères/familles à risque d'abandon, aux groupes professionnels qui pourraient s'impliquer dans la prévention de l'abandon: prêtres, médecins, professeurs, assistants sociaux, mais aussi aux couples de Roumains qui désirent adopter des enfants.

Un site internet www.suflet.ro ainsi qu'une ligne gratuite de téléphone 0800.200.200 seront également à la disposition des personnes concernées.

"Même si la pauvreté est la principale cause de l'abandon, le sentiment que les institutions sont bonnes pour les enfants a joué un rôle tout aussi important; longtemps, non seulement en Roumanie mais aussi en Europe, on a cru que les institutions seraient l'endroit idéal où les enfants peuvent grandir parce qu'elles leur assurent nourriture, vêtement, éducation.

Les gens ne réalisaient pas que l'enfant a un grand besoin de l'amour et de la protection de sa famille.

Pendant plusieurs années, nous avons investi dans des institutions. Maintenant, nous investissons dans les enfants. Je ne m'imagine pas de meilleure utilisation de l'argent des citoyens de l'Union européenne", a déclaré Jonathan Scheele, chef de la Délégation de la Commission européenne en Roumanie.

Les adoptions doivent être accélérées Pour l'instant, il semble que le sort des enfants pris en charge par l'Etat intéressent plus les étrangers que les Roumains.

Les familles américaines qui ont déposé des dossiers pour l'adoption d'enfants roumains - auxquels on ne donne plus cours depuis le moratoire sur les adoptions internationales - demandent aux autorités de Bucarest d'accélérer les procédures, a déclaré hier David Livianu, avocat pour les droits de l'homme et les adoptions, directeur exécutif de American Assistance for Romania.

Selon lui, les dossiers de près de 500 enfants ont été bloqués à différents stades de la procédure, dont beaucoup étaient sur le point de quitter le pays pour se rejoindre des familles adoptives.

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