Cliquez ici pour revenir au menu

Bucarest Matin N° 1315 - 2-4 novembre 2001

Les autorités de Bucarest réfutent l'accusation de trafic d'enfants en Roumanie

Dans son numéro de mercredi, le quotidien The Guardian tirait un signal d'alarme précisant que près de 500 enfants roumains ont été vendus en vue de financer des organisations terroristes.

Les autorités de Bucarest réfutent avec véhémence ces accusations.

Raluca Dumitru
Bucarest Matin

Le journal The Guardian rappelle dans son article qu'une commission gouvernementale roumaine pour la lutte contre la corruption dans les adoptions internationales avait découvert plusieurs cas où ces adoptions avaient été faites illégalement et alimenté des bandes en liaison avec des organisations terroristes.

Le nombre des enfants ainsi "adoptés" se monterait à presque 500, dont certains avaient été injectés aussitôt après la naissance pour pouvoir les déclarer morts et changer ainsi leur identité.

The Guardian annonce également que la police roumaine mène à présent une enquête sur la disparition de 50 enfants qui avaient été transportés en Amérique du Sud et qui avaient disparu sans trace et que des arrestations avaient été opérées ces jours parmi les trafiquants.

"On craint que 500 enfants disparus en Europe et en Amérique ne puissent jamais être retrouvés et qu'ils finissent dans la prostitution et la misère.

Nous connaissons des cas de mères dont les enfants ont été déclarés morts", a déclaré le rapporteur du parlement européen pour la Roumanie, la baronne Emma Nicholson, au quotidien britannique, pendant sa visite à Bucarest, la semaine passée.

Le quotidien britannique souligne que, par voies officielles, les enfants de Roumanie sont "vendus" pour un prix de quelque 35 000 lires sterling.

L'argent aurait dû revenir au système, mais il y a des cas où ces sommes ont été versées aux intermédiaires et aux officiels "à tous les échelons".

La commission a encore découvert que plus d'un tiers des 60 000 enfants des institutions pour les handicapés ont des handicaps "mineurs" et qu'il y a des couples de Roumains qui n'ont pu adopter un enfant parce qu'ils ne pouvaient pas payer la somme exigée qu'une famille occidentale aurait pu acquitter.

"Il n'y a pas de preuves concrètes sur ces abus"

L'Autorité nationale pour la Protection de l'Enfant et l'Adoption ANPCA réfute les accusations lancées par The Guardian et souligne que l'article se réfère à une série de phénomènes de corruption, trafic d'enfants, prostitution infantile, esclavage qui relèvent de la sphère d'activité d'organismes gouvernementaux spécialisés qui n'ont pas été vérifiés et approuvés.

En conclusion il n'y aurait pas de preuves concrètes sur ce genre d'abus dont les victimes sont les enfants de Roumanie.

Selon les responsables de l'Autorité, les accusations à l'adresse des autorités de Bucarest surviennent au moment du déroulement' "un réel et profond" processus de réforme de ce système, les résultats des mesures adoptées étant déjà visibles et appréciés dans le pays et à l'étranger.

"Le récent rapport de la baronne Emma Nicholson et le rapport pour la Roumanie du Parlement européen affirment sans équivoque les progrès majeurs enregistrés par la Roumanie dans le domaine de la protection de l'enfant et le soutien des partenaires européens au programme de réforme de l'actuel gouvernement, y compris la décision de stopper les procédures des adoptions internationales de Roumanie", dit encore l'ANPCA.

Le secrétaire général du gouvernement Serban Mihailescu a rejeté lui aussi les informations publiées par The Guardian.

Il a précisé qu'il n'y a aucune commission gouvernementale roumaine s'occupant de cette question et que la police est l'autorité qui vérifie ces cas.

Cliquez ici pour revenir au menu