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Bucarest Matin N° 1274 - 6 Septembre 2001
INTEGRATION - Le Rapport sur la Roumanie débattu au Parlement Européen

Malgré les progrès, beaucoup de choses restent à faire

Le Parlement Européen a débattu et approuvé hier, à Strasbourg, le rapport sur les progrès de la Roumanie dans les négociations d'adhésion à l'UE. Les évaluations proposées par le rapporteur Emma Nicholson restent critiques à l'égard de plusieurs aspects, comme l'économie, l'indépendance de la justice et de l'administration, mais elles remarquent aussi les progrès du Cabinet Nastase.

Camelia Cusnir
Bucarest Matin

Au cours de la présentation du rapport lors de la réunion plénière, la baronne Emma Nicholson a évoqué les progrès réalisés par la Roumanie.

La baronne, qui avait présenté au mois de juin une variante beaucoup plus sévère de ce rapport, a déclaré mardi que la situation en Roumanie était sur le point de changer.

Par rapport au texte initial de la baronne Nicholson, un seul amendement a été encore accepté lors de la réunion plénière.

Il s'agit de l'amendement du groupe libéral qui encourage la Roumanie à ouvrir un nombre aussi grand de chapitres de négociation.

Selon le rapporteur, la Roumanie dispose désormais d'un gouvernement stable et les signaux économiques sont positifs. La production industrielle, a-t-elle relevé, a augmenté de 17% et l'inflation se réduit peu à peu, "ce qui est encourageant".

Selon la baronne, la situation des enfants à la charge de l'Etat (principal problème soulevé par Emma Nicholson au mois de juin) s'est améliorée et la Roumanie a eu, du point de vue des Affaires étrangères, une année excellente à la présidence de l'OSCE.

Emma Nicholson a félicité le gouvernement roumain, qui a décidé de suspendre les adoptions internationales (décision appréciée aussi, antérieurement, par le commissaire à l'élargissement Gunther Verheugen).

Elle a relevé que le nombre d'adoptions locales avait doublé dernièrement.

La baronne de Winterbourne a expliqué que "le nombre de chapitres de négociation ouverts par la Roumanie avec l'UE est en hausse".

Elle a manifesté sa confiance que "d'ici la fin de l'année seront remis tous les documents de position pour l'ouverture des autres chapitres restants", comme l'avaient assurée les autorités roumaines.

"Beaucoup de bonnes choses se sont passées dernièrement et, si la Roumanie continue sur la même lancée, sa voie vers l'UE va s'écourter considérablement", a également relevé le rapporteur du Parlement Européen.

Le processus d'élargissement est irréversible et la Roumanie est partie intégrante de ce processus, a déclaré, en conclusion, Emma Nicholson.

"La Roumanie a beaucoup à offrir à l'Union européenne et au reste du monde et elle devrait surmonter sans trop de difficultés ses obstacles avant d'adhérer à l'Union européenne", a-t-elle souligné.

Le rapport soutient la position du Parlement Européenne selon laquelle "les citoyens roumains n'aient plus besoin de visas pour circuler sur le territoire européen.

Le document exprime l'opinion selon laquelle "une décision de l'OTAN d'inviter la Roumanie à devenir membre à part entière de l'Alliance Nord-Atlantique en 2002 représentera une contribution importante à la sécurité régionale".

Bien que reconnaissant les progrès enregistrés, le rapport constate que la Roumanie ne respecte pas encore le critère économique en vue de l'adhésion. La Roumanie pourrait respecter à moyen et long terme ce critère, devenir une économie de marché, si elle met en Ïuvre avec un esprit de suite les réformes économiques structurelles.

Selon les évaluations européennes, pour l'heure, la stabilisation économique de ces derniers temps et la croissance économique sont menacées par les manques à gagner enregistrés par les entreprises d'Etat, qui doivent être privatisées d'urgence.

Le rapport relève que les dernières tendances en Roumanie justifient un optimisme prudent de la part de l'UE.

Le rapport présenté au Parlement Européen apprécie que des réformes en agriculture et en matière d'environnement sont nécessaires et demande au Gouvernement de la Roumanie de reporter la finalisation du deuxième réacteur de Cernavoda

"jusqu'au développement d'une stratégie énergétique soutenue et à des coûts réduits".

Le document constate que des efforts accrus sont nécessaires pour assainir le secteur bancaire roumain et demande au Gouvernement d'améliorer la situation de l'administration publique.

Le Parlement manifeste son inquiétude face à l'implication grandissante de l'Exécutif dans le système judiciaire et estime que des mesures anti-corruption doivent être adoptées.

Bien que le rapport du Parlement Européen n'ait pas d'influence directe sur le processus d'adhésion de la Roumanie à l'UE vu que les résolutions du Parlement ont un caractère uniquement consultatif, le document est très important parce que les conclusions se retrouvent d'habitude dans les évaluations annuelles de la Commission sur les pays candidats.

La réaction des autorités roumaines

Selon le Premier ministre Adrian Nastase, le rapport présenté au parlement Européen indique une évolution dans les appréciations à l'adresse de la Roumanie.

"Je me réjouis du fait que les visites de la baronne Emma Nicholson, celles de Verheugen, les efforts de mes collègues du ministère de l'Intégration Européenne, ainsi que les activités des parlementaires et des ministres aient modifié partiellement la perception à l'égard des Roumains.

Il y a encore beaucoup de problèmes à résoudre, certains mentionnés dans le rapport, d'autres que nous connaissons, mais l'important c'est que le rapport est positif", a dit Nastase.

Le ministre des Affaires étrangères Mircea Geoana estime que l'amélioration de la variante finale du rapport sur la Roumanie est due aux progrès enregistrés dans la majorité des domaines et à l'action énergique du Gouvernement pour répondre aux critiques justifiées de la baronne Nicholson.

"Nous devons nous préparer afin que le rapport de la Commission Européenne pour 2001 soit meilleur que celui pour 2000", a conclu le chef de la diplomatie roumaine.

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